Vivre en Serbie : la vie dans la campagne serbe

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    Vivre en Serbie est une expérience très enrichissante en tant qu’expatrié venu de France. La campagne serbe, c’est un mélange de douceur et de dureté. La vie n’est pas facile, mais elle est tout à fait particulière… On vit encore en Serbie au rythme de la nature et des traditions… comme hors du temps ou à une autre époque, qui nous renvoie à des décennies en arrière…

    La vie au village en Serbie : Mokra

    J’y ai rencontré des hommes qui m’ont marqué à jamais, tel celui-ci qui passe des jours entiers à tenter d’amadouer sa jeune vache presque sauvage, celui-là qui pose sa petite femme sur sa carriole tout en bois pour s’en aller aux champs, et l’autre qui se marre de me dire qu’en obtenant de ses mains son bois, sa viande, son pain, son fromage, son miel, son vin et sa rakija, il vit passer la guerre en riant…

    Zivot na selu : entre rudesse et douceur

    La campagne serbe est belle par ses paysages, mais surtout par la vie qui l’habite.
    Partout, de Niška Banja à Mokra, la vie explose en vert et en jaune, dans la boue et la paille, avec des odeurs d’étables et de fumée, avec des sons de sabots, de cloches et de tracteurs…
    Le quotidien y est celui dont je rêvais en lisant les contes du chat perché; les rudes fermiers labourent leurs petites parcelles de terre, promènent leurs deux ou trois vaches, élèvent quelques cochons, lapins, poules, oies, canards et dindons, fabriquent leur vin et leur fromage, font fumer leur viande, tournent et retournent les rayons de leurs ruches, envoient leurs gamines en sabots échanger au voisin des oeufs contre des pommes et du lait contre du vin. (Delphine et Marinette ne sont pas loin)
    Toujours lorsque j’entre dans un village de Serbie, je m’imprègne longuement de cette ambiance d’antan, fourmillant d’échos de vieux moteurs, d’éclats de voix et de rires d’enfants, atmosphère de temps révolu, perdu, qui ici continu d’exister.
    J’y ai rencontré des vieux serbes qui m’ont marqué à jamais, tel celui-ci qui passe des jours entiers à tenter d’amadouer sa jeune vache presque sauvage, celui-là qui pose sa petite femme sur sa carriole tout en bois pour s’en aller aux champs, et l’autre qui se marre de me dire qu’en obtenant de ses mains son bois, sa viande, son pain, son fromage, son miel, son vin et sa rakija, il vit passer la guerre en riant…

    Mes centres d’intérêts gravitent plutôt autour de la sociologie, les trois questions essentielles sont pour moi : « A quoi ressemble la vie quotidienne en Serbie ? Peut on se rapprocher d’une définition de la mentalité serbe et rom ? Quels enseignements peux tirer un français des réponses aux deux premières questions ? ». Bref je vis ma rencontre avec la Serbie et ses habitants comme un roman initiatique, un grand pas en dehors de notre bulle occidentale. La politique m’intéresse bien sûr, mais plutôt par ses répercussions sur la vie des petites gens.Malgré quelques lectures instructives, j’ai donc bien du mal à engranger les données géopolitiques et historiques pures, en revanche je peux amener le point de vu du terrain, qui je pense à toute son importance. Avec mon blog, je commence justement à sortir la tête du guidon et à analyser un peu mieux…

    Si je prononce le mot Yougoslavie le français se souvient de nombreuses choses, y compris du coté bucolique, mais si je prononce le mot Serbie, le français alors n’a que trois mots à la bouche : guerre, nationalisme, Milosevic…
    POURTANT TOUTES SES BELLES CHOSES EXISTENT ENCORE ET CONTINUERONT D’EXISTER, ET CE EN DÉPIT DES MORTS, DES REFUGIÉS, DES CRIMINELS, DES FACHOS ET DES MAFIEUX QUI ENCOMBRENT CE PAYS !! et c’est tant mieux !

    Ce qui m’intéresse également c’est de retourner ma veste à la Dutronc et de toujours tenter de montrer le revers du vice ou de la médaille.
    Ainsi, les volailles de la photo ont été attirées ici par la mort bruyante d’un cochon, la tâche rouge que le canard becte avec entrain (à droite sur la photo), c’est son sang. Les deux gamines en sabots du texte m’avaient l’air atteintes d’un ennui profond, elles ne nous lâchaient pas, parce que nous venions de la ville (Niš) (par contre elles refusaient tout net de me parler… baaah un étranger !)
    Les gens de la campagne, tout comme ceux de la ville, ne vivent pas correctement, ils survivent. Les gens finissent leur vie pliés en deux de s’être trop baissés sur leur champ, les anciens sont vraiment physiquement cassés, détruits, au plus tard vers 65-70 ans.
    Ca met un bémol au bonheur bucolique, non ?

    sours: voyages.ideoz.fr