Vivre en Serbie : Journée et soirée de réveillon du Noel serbe orthodoxe

    3721

    Vivre en Serbie : Journée et soirée de réveillon du Noel serbe orthodoxe

    Le Noel serbe orthodoxe est une période de forte intensité. Noël en Serbie, une fête populaire et où la tradition est encore très importante… Mais comment les serbes célèbrent-ils la journée et la soirée de Réveillon de Noël? Découvrez les traditions de la Serbie qui en disent long sur la société serbe …

    La journée du réveillon de Noel serbe orthodoxe est plus ou moins consacrée à la préparation des mets pour le réveillon lui-même, ainsi que pour le jour de Noel serbe – sachant qu’en principe pour Noël on ne fait absolument rien sauf manger et aller voir des amis… (heureusement que cela ne dure qu’un jour, car franchement ! trop dur pour la ligne !). Entre mets « maigres » pour la soirée, et ceux qui seront mangés demain et qui ne doivent, en aucun cas être goûtés le jour même… il y a du boulot !

    Menu du réveillon du Noel serbe orthodoxe

    Au menu du soir du réveillon de Noel serbe, donc :
    « le prébranats » – c’est des haricots blancs cuits à l’étuvée (et à l’eau uniquement – point de lard pour un jour « maigre » !) pendant plusieurs heures, puis « rôtis » au four, avec de l’oignon, du laurier, de l’ail, du paprika de fines herbes et de l’huile…. Un délice pour toute personne qui l’a goûtée (même les Français adorent) – mais un tantinet lourd pour l’estomac – donc à manger avec modération

    Poisson du jour – d’habitude du maquereau frit – mais moi j’opte toujours pour du cabillaud – car bien plus léger

    Tourte de champignons (et autres légumes)- une espèce de gâteau fait avec des feuilles ressemblant aux feuilles de brik. On en fait le plus souvent aux champignons ou poireaux-pomme de terre… avec une version sucrée, aux pommes (ressemblant un peu au strudel allemand)

    Salades de saison diverses – salade verte, salade au chou nature, carottes râpées, poivrons à l’huile… etc…

    Dessert – fruits secs, dont noix, noisettes, dates, figues, raisins, abricots, fruits de saison (oranges, mandarines, pommes – mais point de banane, pourquoi, mystère…), strudels « maigres ».

    Le repas commence avec l’entrée du père de famille avec le badnjak et le rite de bénédiction de la maisonnée (il fait une prière et jette du blé, du mais, de l’orge, des noix et des pièces dans les coins de la maison).

    Le repas en lui-même est finalement très ordinaire, sauf qu’il y a le cierge allumé (le même qu’on utilise pour la « slava ») à côté du pain, qui n’est pas coupé mais rompu, et accompagné d’un peu de vin rouge. Le repas se termine avec la coutume de casser les noix et de les tremper dans du miel avant de les manger. Cette coutume me fait toujours un peu rigoler, car finalement, on fait de même pour les mariés avant qu’ils partent faire leur première nuit de noce… ces deux éléments étant aussi considérés comme aphrodisiaques ! Je n’ai jamais eu une explication valable pour l’application du même rite pendant la Nuit du Réveillon, considérée comme nuit de jeune et donc abstention totale de tous les plaisirs (donc, très chaste aussi… :o)… un petit reste de la tradition musulmane il me semble, puisque ce jour-ci, on ne mange réellement que le soir, une fois la nuit tombée… c’est peut être à cause du règne Ottoman pendant cinq siècles ?)
    Il est à préciser que, si l’Eglise organise des veillées pour le soir du Réveillon du Noel serbe, si la famille opte de ne pas y participer, et donc sortir de la maison, celle-ci est fermée à clé dès la nuit tombée, et n’est ouverte que le lendemain au moment de l’arrivée du « polozajnik ». Il est là, encore une fois, question d’un rite très ancien, sensé protéger la famille des « esprits malins », en attendant la confirmation de la naissance de Dieu. Bien sur, ces rites peuvent paraître très austères à des « non-habitués ». En effet, l’accent est bien mis sur la retenue maximale. Mais même ainsi, cette petite tradition n’est pas dénuée de charme : pendant un court moment, on se retrouve dans un décor très rustique, avec du feu dans la cheminée (si la maison en est équipée, bien sur), des cierges, le fait de manger « par terre »… que mon fils trouve tellement intéressant que je me demande si je ne vais pas leur faire cette surprise cette année…

    Du coup, et surtout quand il neige, le contraste est vraiment saisissant… entre le désert blanc et sourd de la nature figée dans la glace, et le chaud rouge et doré au rendez-vous dans chaque maison, ça fait revenir très loin en arrière ! Un moment magique en somme, malgré le fait qu’il n’y a pas véritablement de cadeaux pour les enfants (que des oranges !)… bien qu’il y a de plus en plus de familles qui renoncent d’offrir pour le Nouvel An (31.dec) et préfèrent donner pour Noël (fêté le 7 janvier, selon l’ancien calendrier, encore en vigueur dans certains pays orthodoxes y compris la Serbie)… Bien sur, c’est assez logique, car dans le temps, l’orange était un luxe, et du coup on en réservait pour les plus petits, qui en recevaient pour Noël. Chez nous, le problème ne se pose pas vraiment, vu que les cadeaux arrivent au Noël catholique !

    source: voyages.ideoz.fr