Noel orthodoxe en Serbie : Srecan Bozic – ХРИСТОС СЕ РОДИ !

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    Le Noel orthodoxe en Serbie est une fête de famille très importante qui ne se déroule pas le 25 Décembre comme pour les catholiques, mais le 7 Janvier. En réalité, le Noel orthodoxe serbe dure trois jours et commence dès le jour du Badjni dan, la veille du 7 Janvier, qui donne lieu à une cérémonie traditionnelle durant laquelle on brûle une branche de chêne nommée Badnjak…

    ХРИСТОС СЕ РОДИ !

    Noel orthodoxe serbe, 3 jours de fête familiale

    Nous voici arrivés à Noel, mais le Noel orthodoxe serbe ne se déroule pas en même temps que celui du calendrier grégorien. Selon le calendrier julien, il se situe le 7 Janvier. Pour nous qui avons déjà fêté Noël le 25 Décembre, la perspective de nous remettre encore à table crée quelques angoisses mais bon, à estomac vaillant rien d’impossible..Car en Serbie, Noël dure 3 jours!!!!

    Le Badnji Dan, veille de Noël et rituel du badnjak


    Tout a commencé le soir du 6 Janvier nommé « Badnji Dan« , veille de Noël et jour où, traditionnellement, l’homme de la famille va couper dans la forêt une grosse branche de chêne garnie de quelques feuilles séchées (le badnjak). De nos jours en Serbie, en ville, on peut en acheter sur les marchés, c’est plus simple mais moins amusant.

    Il ramène cette branche à la maison et dispose également un peu de paille sur le sol de la salle à manger pour symboliser l’étable de la nativité. Ce jour-là est maigre, on ne consomme pas de viande ou de produits laitiers. Maigre ne veut pas dire frugal puisque le repas du réveillon comporte souvent un solide plat de haricots gratinés au four, de la pita, des fruits secs, des noix, du miel…Un pain est préparé comme pour la Slava.

    Dans les campagnes, on commence à cuire le cochon de lait pour le lendemain. On se rassemble autour du porcelet qui cuit en broche au feu de bois et c’est un plaisir de tourner la viande en se régalant rien que par la pensée à la bonne viande que l’on mangera demain…végétariens, la Serbie n’est pas pour vous hélas!

    Noel orthodoxe serbe : l’attente du Polzajnik


    Le matin de Noël, la famille attend avec impatience le premier visiteur qui est appelé le « polzajnik« . Il est accueilli chaleureusement et a l’honneur de chatouiller la braise de la cheminée (ou du fourneau) avec une tige de la fameuse branche de chêne. Plus il y a d’étincelles qui jaillissent du feu, meilleure sera l’année.. »Toliko zara , Toliko para« : autant d’étincelles, autant de sous. Le polzajnik reçoit quelques pièces ou autres petits cadeaux. Mon mari, enfant, allait très souvent jouer le polzajnik chez les voisins, histoire de récolter quelques piécettes ou douceurs..

    Le repas traditionnel du Noel orthodoxe serbe


    La fête de Noël peut alors commencer pour 3 jours: cochon de lait, sarma (feuilles de choux et poivrons séchés farcis), podvarak (sorte de choucroute au canard) et autres délicieux mais bien riches plats..

    Le premier jour de Noël, la maitresse de maison confectionne un pain spécial, nommé « cesnica« . Elle y cache une pièce, un haricot et un grain de maïs..Un peu le principe de la galette des rois. Trouver la pièce porte chance..Quant au haricot ou au maïs, je suppose que cela augure de belles récoltes..
    Sur les différents sites ou blogs serbes que je visite, la cesnica est un pain de blé brioché mais dans ma belle famille, c’est un pain de maïs très amélioré.. De condition modeste, ancestralement ils n’avaient que du pain de maïs et c’est ce pain là qui s’est transmis de génération en génération. Aujourd’hui, il n’a plus rien à voir avec le pain très rustique d’origine mais il contient cependant toujours du maïs.

    Je tiens à préciser que tout ce que j’énonce ici n’est pas une généralité, chaque région, chaque village et peut-être même chaque famille a ses propres symboles, rituels, particularités. Certains diront, chez nous ce n’est pas comme ça..J’ai, même pour ma belle famille, synthétisé un peu la façon de faire, sans doute oublié des choses… Et puis lorsque les anciens disparaissent, certains détails s’estompent ou sont oubliés..

    Reste toujours le dénominateur commun qui est, en principe, une famille rassemblée, unie et célébrant ensemble la naissance du Christ.

    Ainsi il est d’usage de dire : Hristos se rodi – le Christ est né
    ce à quoi on répond: Vaistinu se rodi – En vérité il est né

    source : voyages.ideoz.fr