La culture et tradition serbe

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    Valeurs

    Parmi les valeurs que partagent les Serbes, il y en a trois qui ressortent particulièrement: la famille, l’amour et le respect. Au contraire de la culture du Québec, qui, comme dans la plupart des sociétés occidentales, est plutôt individualiste, en Serbie la famille importe beaucoup. Pour eux, la famille proche, c’est également les oncles, les tantes, les grands-parents, etc. Les membres sont très proches les uns des autres, ce qui explique pourquoi on retrouve dans une même demeure, plusieurs générations qui cohabitent et qu’on appelle «famille souche».

    Lors des mariages, il est commun que la nouvelle épouse rejoigne son homme dans sa demeure familiale et qu’elle adopte par le fait même son nom de famille. Ce phénomène serait désigné autrement au Québec, le jeune homme vivant chez ses parents assez longtemps se ferait désigner de « tangui», ce qui est mal perçu dans notre société, puisque les valeurs d’autonomie et de liberté y sont primordiales. Chez les Serbes, le mariage est un événement important, voire nécessaire, puisque, par exemple, il faut être marié pour avoir des enfants. La société voit très mal le fait d’en avoir avant le mariage et c’est la raison pour laquelle il n’y a que très peu de couples qui ne soient pas mariés. Le taux de divorce et de séparation est très bas, contrairement à celui des couples du Québec, où les statisques rapportent que le taux de divorce ne cesse d’augmenter.

    Une autre valeur importante chez les Serbes est le respect. Pour eux, cette valeur englobe le respect des aînés et le respect de genre. Par contre, étant donné que les Serbes valorisent une culture dite traditionnelle, l’homosexualité n’est pas tolérée. Au contraire, au Québec, nous sommes de plus en plus ouverts aux différences humaines. Que ce soit l’homosexualité ou le fait que de plus en plus de couples aient des enfants sans se marier, il devient plus commun pour nous de cohabiter avec ces différences, de les accepter et de les respecter.

    Lorsqu’ils sont assez vieux, les parents retournent habiter chez leurs enfants, si ce n’est pas déjà le cas, pour que ceux-ci prennent soins d’eux. Pour un Serbe, il est inacceptable et irrespectueux de placer ses parents dans un centre où des gens sont désignés pour s’occuper d’eux. En ce qui a trait au respect du genre, le rôle de l’homme et de la femme tend à occuper un statut égalitaire puisqu’au fil des années la femme a acquis du pouvoir en entrant sur le marché du travail. Par contre, c’est encore elle qui est désignée pour rester à la maison et pour s’occuper des enfants. Au Québec, depuis l’arrivée des femmes sur le marché du travail, les rôles entre les deux sexes tendent à être plus égalitaires. À titre d’exemple, il y a de plus en plus de nouveaux pères qui prennent des congés de « paternité », afin de participer davantage à la vie familiale. Bref, le Québec est plus égalitaire que la Serbie en ce qui a trait à l’égalité des sexes, bien que chaque pays comporte encore des lacunes sur ce plan.

    Normes

    L’habillement est un point pertinent à aborder dans les normes que suivent les Serbes, puisque ce qui est physique parle beaucoup. La plupart des jeunes et de ceux qui habitent la ville ont un style d’habillement de type occidental. Les villageoises, quant à elles, ont l’habitude de porter un haut uni assorti à une longue jupe noire, ainsi qu’un foulard enroulé sur la tête. Lors d’occasions spéciales, les femmes non mariées portent sur leur tête une couverture rouge bordée d’une couronne en or, alors que celles mariées portent un chapeau blanc orné d’ailes. Pour ce qui est des hommes du Kosovo, ils portent un petit drap blanc en souvenir de leur héritage musulman. Au Québec, l’habillement est bien différent. Les filles portent des bermudas ou des jupes courtes et se font d’ailleurs parfois reprocher de les porter trop courtes. Les camisoles et les décolletés chez certaines femmes sont également mis en évidence. Pour les hommes, un bermuda ou un pantalon avec un haut à manche courte ou longue est accepté. Chez les deux sexes, la tête et le visage sont à découvert.

    Les questions d’héritage et d’étiquette sont également intéressantes à développer. Pour ce qui a trait à l’héritage, il est de mise, au sein de la famille serbe, que le premier fils né hérite de tout ce que possède la famille. Au Québec, il n’est pas indiqué que le premier garçon né possèdera les biens familiaux, toutefois, plusieurs propriétaires préfèrent léguer leurs biens à la famille plutôt que de les vendre à des étrangers.

    En Serbie, les parrains et marraines ont un rôle particulier auprès du nouveau-né. À la naissance, ils ont l’honneur de décider du prénom de l’enfant, puis ils sont responsables de celui-ci s’il arrivait quelque chose aux parents. Ils sont également désignés comme témoins lors du baptême et du mariage. Le rôle occupé par le parrain et la marraine est sensiblement le même au Québec. À la naissance, ils sont désignés comme témoins lors du baptême. Cependant, le choix du prénom revient aux parents.

    Pour ce qui est de l’éducation, en Serbie, elle est gratuite et obligatoire pour les enfants âgés de 7 à 14 ans. Le système d’éducation y est bien différent de celui du Québec. En fait, le primaire comporte huit années d’études et les élèves doivent ensuite effectuer un choix de programme pour le secondaire, qui comporte trois ou quatre années d’étude, selon leurs champs d’intérêt. L’université est également envisageable. Enfin, le système d’éducation québécois est différent de la Serbie en deux points. D’abord, l’école y est obligatoire jusqu’à 16 ans, ensuite le primaire y comporte 6 années, le secondaire 5, et le choix de programme s’effectue au niveau préuniversitaire où, selon leurs préférences, certains se dirigeront à l’université, d’autres iront faire des spécialités comme entre autre un diplôme d’études professionnelles, alors que d’autres rejoindront immédiatement le marché du travail.

    Communication verbale et non verbale
    En ce qui concerne les spécificités de la communication verbale et non verbale en Serbie, il est primordial d’être conscient du fait que la première impression détermine bien souvent la valence de la relation ultérieure avec les gens de ce pays et qu’elle est donc très importante. Afin d’amorcer une communication du bon pied, les interlocuteurs se doivent d’être souriants, avenants et cordiaux, ainsi que d’adopter une attitude d’égalité entre les individus puisque les Serbes n’apprécient pas de se sentir inférieurs aux étrangers, ce qui est également le cas des Québécois. Les salutations lors d’une rencontre sont très importantes, puisqu’elles constituent un signe de bonnes manières et d’honnêtes intentions. Elles peuvent prendre différentes formes selon le type de relation qui existe entre les individus, mais également selon le sexe de ceux-ci. La forme la plus courante de salutation consiste en une poignée de main très ferme qui permet aux Serbes de connaître le niveau de confiance en soi de leur interlocuteur. À moins qu’ils ne soient apparentés, les hommes ne s’embrassent pas sur les joues, tandis qu’entre deux femmes ou entre les deux sexes, il est d’usage d’échanger trois bises sur les joues. Au Québec, une poignée de main ferme est de mise autant dans un contexte professionnel que dans un contexte interpersonnel, tandis que la bise est réservée principalement pour les relations de longue date ou entre connaissances. Le langage courant de ce pays est bien évidemment le serbe, considéré comme étant une langue très riche. Le serbe s’écrit avec deux alphabets, soient l’alphabet latin serbe et l’alphabet cyrillique serbe, qui possède 30 lettres qui correspondent chacune à un son. Lorsque l’on voyage en Serbie, il est approprié de parler anglais, puisque cette langue y est couramment utilisée.

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    Il ne faut pas négliger l’aspect du non verbal, car cette forme de communication est aussi importante, voire même plus importante, que le verbal. Un aspect qui diffère grandement du Québec est la distance conservée entre les interlocuteurs. En effet, on constate que les Serbes ont tendance à être plus près entre eux lorsqu’ils discutent, bien qu’au début d’une relation ils respectent une certaine distance personnelle. Quant à eux, les Québécois préfèrent conserver un certain périmètre personnel lors d’une discussion. En plus de se tenir près de leur interlocuteur, les Serbes utilisent beaucoup de gestuels et il n’est pas rare qu’ils touchent l’autre personne, entre autres lorsqu’ils sont contents de la voir. Au Québec, les gens sont plus réticents au contact physique. On constate également qu’autant les gens provenant de la Serbie que les Québécois accordent une grande importance au contact visuel, qui constitue un signe d’honnêteté et de confiance de la part de leur interlocuteur. Les expressions faciales dont les Serbes font preuve sont très démonstratives, ce qui fait en sorte que l’on dénote facilement les émotions qu’ils ressentent. Par exemple, pour exprimer leur accord, les Serbes inclinent la tête vers l’avant, tandis que la confusion transparaît lorsque la personne se gratte la tête derrière l’oreille. Finalement, une particularité de la communication non verbale de la Serbie est le salut à trois doigts, c’est-à-dire l’index, le pouce et le majeur, qui constitue un salut patriote serbe, couramment utilisé de nos jours en signe de fierté pour leur pays, notamment lors d’évènements sportifs.

    Religion

     

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                                                    Église Serbe au Kosovo

    La Serbie se caractérise par une assez grande tolérance religieuse. En effet, il s’y trouve plusieurs communautés religieuses, tel que l’Église orthodoxe serbe, la Communauté musulmane de la Serbie, les juifs, les protestants, les catholiques, ainsi que plusieurs autres minorités qui cohabitent sur un même territoire. Cependant, pratiquée par près de 50 % de la population, la principale religion des Serbes est l’orthodoxie. Elle n’est pas présentée comme étant la religion nationale, mais elle a grandement contribué à préserver la culture serbe et ses traditions. L’Église orthodoxe serbe joue un rôle majeur dans la société. En effet, elle se retrouve dans plusieurs sphères de la société serbe, telle que dans le gouvernement, dans l’armée, ainsi que dans la police. La religion exerce donc une grande influence auprès de la population. Elle est aussi très présente dans les établissements scolaires où elle est enseignée par des prêtres. Si nous la comparons à notre société, la présence de la religion en Serbie ressemble davantage à la religion catholique du Québec d’avant les années soixante qu’à celle d’aujourd’hui. En effet, depuis les dernières décennies, la religion québécoise se fait beaucoup moins sentir qu’autrefois dans toutes les sphères de la société. Cependant, les principaux sacrements des religions catholique et orthodoxe sont les mêmes, tels que le baptême, qui se définit par l’immersion totale dans l’eau à trois reprises. En Serbie, le baptême peut se faire à deux reprises, selon une modalité religieuse et l’autre sociale. La première se déroule à l’église avec les parents, le parrain et la marraine. Le nom de l’enfant est choisi par le parrain et celui-ci doit choisir parmi les noms des saints de l’Église orthodoxe. Le deuxième baptême se fait quelques années plus tard et se déroule à la demeure des parents, sous la direction du parrain. Le baptême est un sacrement encore très pratiqué, cependant, contrairement aux dernières années, il n’est pas rare qu’un enfant soit baptisé quelques années après sa naissance, puisque l’organisation d’un baptême exige un certain fonds monétaire. Il peut alors parfois arriver qu’un baptême survienne en même temps qu’un mariage ou d’un autre baptême. Le second sacrement est la chrismation, qui se nomme la confirmation pour la religion catholique, et elle est pratiquée le même jour que le baptême, permettant ainsi de recevoir l’eucharistie, qui est le sacrement suivant, à n’importe quel âge. S’en suivent le mariage et la confession, pour terminer avec l’onction des mourants. Un élément qui caractérise aussi la religion orthodoxe et qui la distingue de la religion au Québec est le fait que, comme les pasteurs, les prêtres orthodoxes peuvent se marier. Cette religion a acquis énormément de pouvoir au cours des deux dernières décennies, jouant un rôle important lors des guerres balkaniques et de la montée du nationalisme serbe.

    Rôles sociaux

    Traditionnellement, le rôle de la femme a toujours été de s’occuper des tâches domestiques telles que le ménage, la cuisine, s’occuper des enfants, etc. Cependant, lors de la montée du communisme, un nombre considérable de femmes est arrivé sur le marché du travail; ce nombre était plus ou moins grand en fonction des régions. De plus, puisque les hommes s’absentaient souvent pour aller travailler, pour voyager ou pour défendre leur patrie, les femmes devaient alors s’occuper de la ferme ainsi que de l’entretien de la maison. Cela a donc ajouté de la valeur au rôle et au statut de la femme serbe. La plupart des emplois pratiqués par les femmes serbes sont dans les domaines de l’administration, de la culture, du bien-être social, des services publics, de l’enseignement primaire, du commerce et de la restauration. Cependant, comme il a été mentionné précédemment, même si, depuis la Deuxième Guerre mondiale, les femmes sont beaucoup plus présentes sur le marché du travail, elles sont encore considérées comme étant responsables des tâches ménagères et des enfants. Malgré le fait que les femmes aient gagné du pouvoir économique dans les dernières décennies, on observe encore des vestiges du système patriarcal et ainsi, le statut de la femme demeure inférieur à celui de l’homme, qui est considéré comme le chef et le pourvoyeur de la famille. L’histoire antérieure du rôle de la femme ressemble beaucoup à celle du Québec. En effet, par le passé, les mères québécoises devaient rester à la maison pour s’occuper des tâches ménagères et des enfants. Cependant, depuis la Révolution tranquille et la venue du mouvement féministe, le rôle de la femme a évolué. De nos jours, les femmes ont un statut à peu près égal à celui de l’homme sur le marché du travail, bien qu’il existe encore des stéréotypes et des préjugés à l’égard des femmes qui délaissent la maison pour se rendre au travail.

    source : serbie.wikispaces.com