Aigle à deux têtes

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    L’aigle à deux têtes ou aigle bicéphale est un symbole qu’on retrouve en héraldique et en vexillologie, les premières représentations d’aigle à deux têtes sont présents en Asie mineure chez les Hittites (peuple indo-européen qui a migré d’Ukraine via les Balkans en Asie mineure 2000 ans av. J.-C.).

    Il apparaît relativement tardivement dans l’héraldique byzantine, où l’aigle romain, symbole par excellence des légions ayant défendu les limes de l’Empire romain adopte alors deux têtes représentant la domination des empereurs de la dynastie des Paléologue (1259-1453) sur l’Est et l’Ouest ou l’union de l’Est et l’Ouest.

    Historique d’apparition

    L’aigle à deux têtes apparaît comme symbole vexillologique par ordre chronologique :

    • Royaume Hittite, 2000 ans av. J.-C., (on ignore si le symbole était étatique ou religieux).
    • Dynastie des Paléologue, xe siècle (au niveau dynastique)
    • Serbie des Nemanjic depuis 1166, (Premier état qui l’utilise comme représentation au niveau étatique)
      • puis Serbie moderne
    • Saint-Empire romain germanique à partir de 1400 (au niveau étatique)
      • puis Confédération germanique de 1815 à 1866 – voir Armoiries de l’Allemagne.
      • En Gréce dans le drapeaux de l’epire du nord de 1914
    • Albanie 1443 Gjergj Kastriot Skanderbeg (Djuradj Kastriot, d’origine Serbe)
    • Russie 1472
      • puis Russie moderne
    • Autriche-Hongrie 1867
    • Bosnie-Herzégovine :
      • République serbe de Bosnie 1992
    • Monténégro 2004

    Il apparaît également encore aujourd’hui sur les drapeaux suivants :

    • Drapeau de l’Albanie
    • Drapeau du Monténégro
    • Drapeau de la Serbie
    • le drapeau du Patriarcat œcuménique de Constantinople
    • Blason (non officiel) de l’Union de la Russie et de la Biélorussie

    1166 – aujourd’hui : la Serbie avec la Dynastie des Nemanjic

    La dynastie serbe des Nemanjić a adopté le symbole des Paléologues (xiie siècle) comme un signe d’attachement à l’orthodoxie et un symbole de l’alliance entre serbes et grecs. Chez les Serbes, les deux têtes symbolisent le royaume de Dieu et le royaume terrestre. Il fait partie du drapeau de la Serbie (royaume de Serbie au xixe siècle, royaume des Serbes, Croates et Slovènes au xxe siècle, république de Serbie au xxie siècle).

    Les Serbes sont les seuls à utiliser un aigle bicéphale blanc.

    La République serbe de Bosnie l’adopte également en 1992. Le drapeau du Monténégro l’arbore depuis 2004.

    Le second aigle à deux têtes de la dynastie des Nemanjic 1166, sur un bouclier de chevalier serbe.

    250 – 1938 : du symbole impérial romain-germanique à l’Autriche

    À l’Ouest, la plus ancienne mention héraldique est le fait de Matthieu Paris, dans un manuscrit à l’attention de Frédéric II du Saint-Empire datant de 1250 (voir illustration). L’adoption de l’aigle bicéphale, qui plus est par un fils bâtard de l’empereur du Saint-Empire romain germanique, précèderait donc de dix ans l’arrivée au pouvoir des Paléologue auxquels est traditionnellement attribué la primauté du symbole. Certains historiens grecs repoussent d’autant, voire de deux siècles, jusqu’à Isaac Ier Comnène (1057-1059) l’usage héraldique de l’oiseau impérial.

    Sigismond Ier du Saint-Empire adopte, vers 1400, les armes « d’or, à l’aigle bicéphale de sable, membrée, becquée et liée de gueules » comme emblème impérial romain-germanique, en remplacement des mêmes à l’aigle monocéphale.

    Progressivement devenues le symbole du Saint-Empire romain-germanique, et presqu’indissociables des Habsbourg, ces armes sont reprises par l’Empire d’Autriche (1804-1918) à la dissolution du Saint-Empire. Encore en usage dans la Première République d’Autriche (1919-1938), elles ne sont plus en usage dans l’Autriche actuelle qui a préféré la version monocéphale en usage en Prusse et dans l’Empire allemand…

    La Confédération germanique (1815-1866), dont l’Empire d’Autriche fait partie, adopte elle aussi l’aigle bicéphale. L’Empire allemand, pour sa part, préfère les armes prussiennes, presqu’identiques à la version « pré-habsbourgeoise » des armes impériales germaniques.

    1472 – 1917 : des Grands-princes de Moscou aux Tsars de toutes les Russies

    Ivan III de Russie, en épousant Sophie Paléologue, se retrouve héritier, sinon d’un empire défunt et de la charge de le relever, du moins de son histoire et de sa symbolique universelle. L’aigle à deux têtes devient un symbole de la troisième Rome.

    Les tsars russes ont adopté le symbole pour se définir comme successeurs de l’État byzantin (après la chute de Constantinople en 1453), mais aussi pour symboliser leur domination sur l’Ouest (l’Europe) et sur l’Est (l’Asie).

    Ailleurs

    Il est présent sur le drapeau du Patriarcat œcuménique de Constantinople.

    En Albanie, le Serbe Djuradj Kastriot Skanderbeg l’adopte en 1443. Il fait encore partie du drapeau de l’Albanie.

    Il fait partie du blason non officiel de l’Union de la Russie et de la Biélorussie.

    Elle apparaît également sur les armoiries de Bertrand Du Guesclin, connétable de France.

    Le géant du cortège de la Ducasse d’Ath est aujourd’hui l’une des plus célèbres statues d’aigle à deux têtes. Elle danse, comme le veulent certaines traditions, au son de la musique de Meslin-l’Évêque.

    L’Aigle à deux têtes est également l’emblème des hauts grades maçonniques du Rite écossais ancien et accepté.

    On le retrouve également dans les armoiries des villes d’Alençon et Argentan.

    source : fr.wikipedia.org