Serbie : Milinković-Savić nouveau Neymar ou pas

    1122
    0
    SHARE

    La confrontation Brésil-Serbie sera aussi le théâtre d’un match dans le match entre Neymar et Milinković-Savić. Encore peu connu, le jeune prodige de la Lazio Rome est courtisé par le PSG, le Barça ou le Real.

    Lors de la 3e journée du groupe E, la Serbie et le Brésil se rencontrent pour un match couperet ; défaite interdite pour l’une et pour l’autre. Les Auriverdes partiront favoris malgré un début de Mondial poussif. La Serbie ne dispose pas de la même densité de talents, mais pourra compter sur son Neymar national, Sergej Milinković-Savić. À 23 ans, le milieu relayeur de la Lazio Rome est en train de se faire une place parmi les tout meilleurs de sa génération.

    Sélections (presque) naturelles

    Ce prodige en puissance est longtemps bloqué en équipe nationale par l’ex-sélectionneur Slavo Muslin, qui préférait se passer de ses services. Une mise à l’écart qui serait la raison officieuse du limogeage de Muslin en octobre 2017 par la Fédération serbe, alors même que le sélectionneur avait qualifié les Aigles Blancs pour leur premier Mondial depuis 2010. Ce n’est donc que depuis l’arrivée de Mladen Krstajić sur le banc que Milinković peut enfin s’exprimer chez les A.

    Pour celui qui a réalisé un parcours historique en sélections jeunes, l’ascension est presque déjà tracée. Victoire lors de l’Euro des moins de 19 ans 2013 en finale contre la génération Bleue des Rabiot, Martial et autre Laporte. Victoire encore plus prestigieuse deux ans plus tard, à l’occasion de la Coupe du monde des moins de 20 ans arrachée au bout du suspense contre… le Brésil (2-1 après prolongations). Le premier titre mondial de la Serbie en foot depuis l’éclatement de la Yougoslavie.

    Jusqu’au match inaugural gagné 1-0 contre le Costa Rica en Russie, Milinković n’avait joué aucune rencontre à enjeu. Simplement des amicaux, dont un baptême national à peine dix jours après le changement de sélectionneur, lors d’un match amical remporté 2-0 face à la Chine en novembre 2017. C’est donc avec une expérience quasi-nulle que le serbo-espagnol (il est né à Lérida) débarque avec le statut de titulaire au Mondial. Preuve de l’immense confiance dont il bénéficie de la part du nouveau staff. «Je suis prêt à tout donner pour la Serbie. Participer à une compétition telle que le Mondial est la raison pour laquelle je joue au football», a-t-il déclaré dans une interview au quotidien serbe Blic.

    Sosie foot de Pogba

    Difficile de se passer d’un joueur qui compile douze buts et quatre passes décisives en 35 matchs de Serie A cette saison, sans oublier ses deux réalisations en huit rencontres de Ligue Europa. Plus que correct lorsque l’on sait que son meilleur total remontait à l’époque où il jouait au KRC Genk (5 buts), pendant l’exercice 2014-2015. Ses premières frappes à l’étranger si l’on excepte son court passage au sein de la section foot du Grazer AK en Autriche à l’âge de 11 ans. C’est surtout dans son club formateur du Vojvodina Novi Sad où le «sergent», comme il est surnommé par ses partenaires de la Lazio, se distingue par son jeu de passe et une technique précoce. Au cours de ses neuf années passées dans le club serbe, il glane notamment deux titres de champion de Serbie junior ainsi qu’une coupe nationale en 2014.

    A son arrivée à la Lazio Rome en 2015, ses qualités dans l’entrejeu sont rapidement louées par son entraîneur Simone Inzaghi. Ce dernier n’a pas hésité à le comparer à Paul Pogba, qui a lui aussi épaté très jeune parmi les milieux de terrain du championnat italien. «J’espère qu’il pourra être meilleur que Paul Pogba, parce que j’estime que c’est un des meilleurs milieux de terrain du moment.» Comment lui donner tort ? Sur le terrain,  Milinković est le sosie football de l’international français. Son 1,92 mètre, combiné à des qualités physiques et techniques impressionnantes font qu’il est très compliqué de lui enlever le ballon des pieds. Ajoutons-y un sens du jeu aiguisé et il devient plus facile de comprendre pourquoi le joueur est si convoité.

    120 millions dans chaque jambe

    Ses performances récentes attisent l’intérêt de plusieurs grands clubs européens tels que le PSG, le FC Barcelone, le Real Madrid ou encore la Juventus de Turin. Avec une valeur marchande digne des futurs grands. «Est-ce que Milinković vaut 120 millions d’euros ? Oui, pour chaque jambe !», déclarait sans trop plaisanter Claudio Lotito, le président de la Lazio avant la Coupe du monde.

    Son père, ancien footballeur professionnel, verrait bien son «sergent» de fils évoluer sous les ordres de Massimiliano Allegri, à la Juve. «Ce serait idéal pour lui. Je lui ai déjà dit. À Turin, il aurait l’opportunité de grandir, de mûrir et, surtout, de remporter des titres. La suprématie de la Juventus n’est plus à prouver en Italie et, sur la scène européenne, le club a pas mal de bons résultats,» déclare-t-il dans la presse italienne. Avant d’imaginer son fils «imiter Zidane en allant en Espagne» et gagner un Ballon d’or. Pourquoi pas. Mais la concurrence s’annonce rude dans les années à venir, à commencer  celle d’un certain Neymar.

    source : liberation.fr
    117 Shares

    Komentari