«Non» espagnol à une perspective européenne du Kosovo: quelle importance pour la Serbie?

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    À l’issue du sommet UE-Balkans occidentaux prévu à Sofia pour la mi-mai, une déclaration conjointe sera adoptée, qui ne sera signée que par les pays membres de l’UE et non pas par les candidats potentiels à l’adhésion, dont le Kosovo que Madrid refuse toujours de reconnaître comme État. Sputnik s’en est entretenu avec un politologue serbe.

    L’Espagne refuse de reconnaître le Kosovo de peur, sans doute, d’encourager le séparatisme catalan ou basque, a supposé Dusan Prorokovic, du Centre d’alternatives stratégiques de Belgrade, dans un entretien accordé à Sputnik.

    «Madrid ne ratera aucune occasion pour exprimer son opinion particulière sur le Kosovo, ce qui s’est déjà répercuté sur la stratégie de l’Union européenne concernant les Balkans occidentaux, l’Espagne s’étant fermement opposée à ce que le Kosovo y soit mentionné en tant qu’État», a indiqué l’interlocuteur de l’agence.

    Et d’expliquer que l’Espagne ne permettrait pas que le précédent du Kosovo soit interprété de sorte qu’il puisse être exploité par les Catalans.

    D’autre part, M.Prorokovic estime qu’un tel comportement de Madrid ouvre devant la Serbie une marge de manœuvre très large dans la lutte pour sa propre intégrité territoriale.

    «Si Bruxelles tient à ce que la Serbie adhère à l’Union européenne, il lui faudra trouver un compromis pour que le précédent kosovar ne se répercute pas sur les pays-membres de l’UE. […] Et pour Belgrade, tout cela ouvre des portes auparavant fermées, et il faut en profiter», a souligné le politologue.

    Selon ce dernier, pour la première fois en 10 ans, il est devenu tout à fait évident que la situation autour de la province méridionale serbe ne pourra plus évoluer comme auparavant.

    «L’UE devra penser que faire du Kosovo, qui ne pourra plus exister dans le format actuel et ce, malgré sa reconnaissance par bien des pays européens», a résumé l’interlocuteur de Sputnik.

    Les observateurs internationaux sont unanimes à estimer que la démarche de l’Espagne, éprouvée par la crise catalane, s’explique par le désir de sauvegarder sa propre intégrité. Madrid déclare haut et fort sa position explicite qui signifie que le Kosovo n’est pas un État. On constatera donc que la république autoproclamée est effectivement confrontée à des problèmes.

    Placée sous administration de l’Onu en 1999, la province du Kosovo, historiquement serbe mais peuplée majoritairement d’Albanais, a proclamé son indépendance vis-à-vis de Belgrade en 2008. Ce statut n’est cependant pas reconnu par 35 pays, dont la Russie et la Chine, ainsi que cinq pays de l’UE: l’Espagne, Chypre, la Grèce, la Roumanie et la Slovaquie.

    source : fr.sputniknews.com

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