À la découverte des énigmes de l’«Atlantide» du Moyen Âge serbe

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    À la fin des années 1970, le lac artificiel de Gazivode a été formé par un barrage sur la rivière Ibar à la limite entre la Serbie centrale et le Kosovo. Il sert à produire de l’électricité et à approvisionner en eau les villes aux alentours. Ses eaux recèlent des vestiges de la civilisation serbe médiévale, a confié à Sputnik un chercheur serbe.

    Il y a au fond du lac des cimetières et des églises, mais aussi les ruines d’une école serbe pour les fillettes. Les premières écoles de ce type avaient été construites en Serbie par la reine Hélène d’Anjou au XIIIe siècle, a raconté à Sputnik Dusan Jovovic, chercheur et réalisateur qu’on surnomme parfois l’«Indiana Jones» serbe.

    Il estime que les autorités yougoslaves de l’époque ont pris une décision trop hâtive, en inondant ce territoire.

    «Cette décision a été adoptée en moins de six mois. […] Une équipe d’archéologues aurait dû étudier à fond le territoire de 25 km2, mais ce travail a été vite fait rien qu’en trois mois. Qui plus est, la moitié des documents contenant la description des sites historiques découverts a soudainement disparu, et les richesses médiévales ont été inondées et vouées à l’oubli», s’est souvenu l’interlocuteur de l’agence qui réalise avec l’historienne Katarina Mitrovic le film intitulé «Gazivode, sur les traces d’Hélène d’Anjou».

    Et d’ajouter qu’Hélène d’Anjou était la seule reine serbe de cette époque à avoir été canonisée. Née dans le Val de Loire, issue de la famille du roi de Sicile Charles d’Anjou, elle avait été mariée au roi de Serbie Ouroch Ier pour des raisons d’alliance dynastique. Sainte Hélène d’Anjou était une bonne reine, une bonne épouse et une bonne mère.

    Selon Dusan Jovovic, il s’est plus d’une fois adressé aux autorités avec la demande de réétudier et de protéger ce patrimoine, mais en vain. On invoquait l’absence de conditions, de fonds et d’équipes capables de s’en charger.

    Finalement, une équipe a été formée en Russie. La plus célèbre plongeuse serbe Bozana Ostojic, présidente de l’union des clubs de plongée de Serbie (SOPAS), a envoyé un dossier à la Société russe de géographie, dont elle est membre depuis 2015. Le projet a intéressé le destinataire.

    A la fin du mois de novembre dernier, un premier groupe de spécialistes pétersbourgeois de la Société russe de géographie est arrivé en Serbie. L’exploration du lac a commencé au début du mois février.

    «La profondeur du lac est de 110 mètres, mais à l’aide de très puissants scanners russes, nous en avons fait un modèle 3D. Plusieurs équipes d’historiens et d’archéologues y ont travaillé. Nous avons tout de suite ressenti un lien fraternel, en découvrant à la profondeur de 50 mètres une église du XIIIe siècle et un clocher. Les explorateurs russes s’en réjouissaient plus que nous», a dit l’interlocuteur de Sputnik, ajoutant qu’aucune source ne les mentionnait.

    source : fr.sputniknews.com

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